Les Journées du Réseau des Créfad

Le fait associatif : questionner et soutenir les formes d’auto-organisation sociale à but non lucratif

Quand le service public est affaibli ou ne sait pas répondre à une problématique sociale, il va de soi que le marché va s’en occuper ! Et quand le marché ne s’en saisit pas alors il suffit de laisser intervenir une forme plus sympa du marché : une entreprise sociale s’inscrivant dans le secteur marchand, va construire la réponse à ces besoins sociaux. Tous les secteurs sont concernés : les déchets, la mobilité, l’accompagnement social, le sport, la culture, l’éducation, l’alimentation, le soutien scolaire, les soins à domicile, les médias… Tout autant de secteurs qui ont été historiquement défrichés et structurés par la vie associative. C’est à dire des formes d’auto-organisation sociale, à partir d’un raisonnement et principe simple : il appartient aux gens concernés de construire des réponses, leurs réponses, aux problèmes qu’ils affrontent. « Ce que vous faites pour nous, sans nous, vous le faites contre nous ». Pour cela, la puissance publique doit soutenir cette auto-organisation : son émergence en aidant au diagnostic, à la prise de conscience, à la construction des problèmes. Soutenir sa structuration, son expérimentation et à l’ajustement des moyens nécessaires aux besoins identifiés. Et en permettant sa critique et la réflexivité par les acteurs eux-mêmes pour évaluer, améliorer et, le cas échéant faire grandir, dupliquer ou essaimer. Cela semble de bon sens, couler de source et pourtant nombre de nos interlocuteurs sont hermétiques à cette approche, ne la comprennent pas ou sont en difficulté avec elle… Cela a lieu dans de multiples territoires et milieux. Il s’agit alors de repérer et d’affronter ce décalage entre le réel et son environnement médiatique, politique, sociétal qui invisibilise (décrédibilise) tout un pan du réel. Il s’agit de faire dialoguer des acteurs de terrain qui vivent ces décalages mais se sentent isolés face à ceux-ci. Il s’agit de se percevoir moins seuls et petits face au rouleau compresseur de l’entreprenariat social et une forme d’idéologie qui nous marginalise, nous, associations, alors que nous sommes plus expérimentées, plus nombreuses, plus créatives.

La puissance publique privilégie les entrepreneurs sociaux…

Cette forme d’entrepreneuriat s’impose comme une évidence : la solution à tout problème social va venir d’un brillant et généreux visionnaire qui va construire des outils, une méthode et un business plan, dont le modèle économique inclut de solides conventions publiques, pour prototyper et expérimenter puis dupliquer (changer d’échelle, amplifier, etc.). Ainsi des économies d’échelles et de l’industrialisation pourront avoir lieu. C’est simple, séduisant, évaluable et contrôlable.

…alors que la forme associative fait ses preuves au quotidien ! Il s’agit d’une forme d’auto-organisation dont le but est à l’évidence non lucratif (puisque le but est de diminuer un problème, d’améliorer collectivement une situation et que l’argent n’est qu’un moyen, dans ce cas) et pour laquelle la forme associative est la mieux adaptée (ou d’autres formes d’organisation à but non lucratif, selon la nature du problème : forme syndicale, collectif informel, etc.). Une forme souple mais facilement démocratique, une forme qui permet de la transmission et du renouvellement des énergies, une forme qui laisse la place à l’invention collective et une forme d’entreprendre possiblement joyeuse, qui n’oublie pas les valeurs en route. Ou plutôt dont les valeurs ne sont pas l’efficacité, la rentabilité, le retour sur investissement ou la constitution d’un capital individuel.

Renseignement : contact@reseaucrefad.org

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Date

Nov 20 - 21 2026

Lieu

Villefranche de Rouergue

Organisateur

Réseau des Crefad
Email
contact@reseaucrefad.org
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